6. L'organisation de concerts
Q ue vous ayez choisi de faire chanter l'ensemble choral dans
la salle paroissiale de votre village, les Rolling Stones à Werchter ou,
plus raisonnablement, un groupe figurant au catalogue des "Tournées Art
& Vie", il faudra peut-être rendre des comptes à la SABAM et délier
votre bourse!
• Dura Lex, Sed Lex
L a loi belge prévoit que toute exécution publique d'une
oeuvre musicale inscrite au répertoire d'une société de gestion de droit
d'auteur ou non, jouée "live" ou via tout support sonore, octroie aux
auteurs et éditeurs, des droits payables par celui qui diffuse ou fait
diffuser l'oeuvre, en plus d'un cachet éventuel.
D ans le cas qui nous intéresse, c'est donc l'organisateur de
concerts qui s'y colle. En Belgique, le législateur a agrée la société
coopérative à responsabilité limitée (s.c. civile) "SABAM" pour percevoir
les droits d'auteur qui s'y sont inscrits; c'est donc avec cette société
que vous aurez à traiter puisqu'elle détient de fait le monopole
commercial.
• Business is business
P our bien comprendre ce qui suit, il est essentiel de garder
à l'esprit le caractère purement commercial de la SABAM; souvent, elle
s'abstient de mentionner qu'il existe beaucoup de groupes non inscrits,
elle ne délivre l'information sur les tarifs que de façon parcellaire,
elle ose réclamer des sommes indues (cf. l'échange épistolaire entre la
SABAM et la MJ Rixensart présenté en
annexe 2
), elle n'apporte pas la preuve de son mandat, elle exige - ce qui est
extrêmement contestable - que soient introduites des demandes
d'autorisation préalables pour des concerts de groupes non inscrits à son
répertoire.
P our un groupe étranger, par exemple, la SABAM devrait
d'abord fournir la preuve d'un accordentre elle-même et son alter ego du
pays d'origine à qui elle doit rétrocéder les droits, puis la preuve de
l'inscription du groupe auprès de cette même société étrangère.
D e plus, on est en droit de s'interroger sur la légalité du
monopole de fait; cela mériterait peut-être un avis du commissaire
européen à la libre concurrence, au même titre que pour ses homologues des
autres pays (SACEM, GEMA, STEMRA, MCPS, ...), d'ailleurs.
• Quand un groupe n'est pas inscrit...
L' organisateur va donc rencontrer deux grandes catégories de
groupes : les inscrits, même partiellement, et les non-inscrits.
D ans le dernier cas, tout est clair. La SABAM n'a rien Ã
réclamer et aucune autorisation ne doit lui être demandée, quoi qu'elle en
dise ! Si vous recevez un avis de payement, pas d'affolement : demandez
d'abord à la SABAM des preuves de son mandat de représentativité (voir
annexe
1 ).
I l faut néanmoins savoir qu'un groupe non inscrit peut très
bien figurer, même pour un titre, sur une compilation que l'éditeur aurait
inscrite lui-même. Dans ce cas, la SABAM pourra légitimement réclamer de
l'argent pour cette chanson pour peu qu'elle ait été interprétée lors du
concert.
E n tout cas, l'organisateur qui veut décider de ne pas
déclarer le concert en toute légalité doit s'informer correctement auprès
du groupe qui devra lui assurer sa non-inscription et l'originalité des
morceaux interprétés (les "reprises" sont horriblement onéreuses et leur
tarification reste un mystère opaque)
• Et si le
groupe est inscrit ?
S i le groupe a choisi de mandater la SABAM pour gérer ses
droits d'auteur en s'y inscrivant, le règlement de celle-ci prévoit que le
concert doit être déclaré au minimum dix jours avant qu'il ait lieu.
V ous recevrez alors un formulaire à compléter, sur base
duquel la SABAM appliquera une tarification forfaitaire prenant en compte
le prix d'entrée que vous aurez fixé, la superficie de la salle et
l'éventuelle possibilité pour le public de danser, correspondant à un
minimum de 8% des recettes brutes. Après le concert, vous êtes tenus de
fournir, dans les 8 jours, une liste des oeuvres interprétées sur votre
scène, ce qui permet à la SABAM de repérer d'éventuelles reprises dans le
répertoire du groupe et d'en calculer les droits d'exécution. Enfin, le
bureau régional de perception ne tardera pas à vous adresser une facture,
toujours bien peu détaillée, que vous devrez acquitter au plus tard le
jour de votre manifestation.
U ne autre solution consiste à ne rien déclarer du tout, mais
si vous vous faites attraper, vous vous exposez aux foudres de la SABAM
qui pourra alors réclamer sur base délictuelle plutôt que forfaitaire
(puisque le fait de ne pas déclarer un concert constitue un délit) et qui
n'hésitera pas à vous traîner devant le juge de paix de votre canton. La
parade de certains est de faire signer au groupe un formulaire en y
déclarant n'avoir joué aucune oeuvre protégée par la SABAM. Dans ce cas,
il faut que l'artiste ait prévu cette possibilité dans son contrat, sans
quoi c'est lui qui s'exposerait à des sanctions d'ailleurs prévues dans le
règlement contractuel.
R appelons encore que l'artiste inscrit ne peut plus gérer
ses propres droits et n'a donc pas la possibilité de vous "faire une
fleur" en abandonnant ses droits (à moins bien sûr qu'il ne l'ait
préalablement stipulé de manière objective dans son contrat).
• Et combien ça coûte ?
I l existe différents tarifs, présentés sous forme de grilles
qui devraient vous permettre de calculer combien la SABAM pourra vous
facturer.
M alheureusement, les employés de la SABAM ont tendance à les
conserver jalousement et à ne les fournir qu'au compte-gouttes à ceux qui
se présentent au bureau de perception. Ils préfèrent en effet facturer
forfaitairement sans se donner trop de travail et en gardant le client
dans l'ignorance. Ils vous octroieront même une ristourne de 20% si vous
respectez scrupuleusement les consignes, en acceptant aussi le principe de
la tarification par forfait.
L a SABAM nous dit :
"Tous les tarifs de
la SABAM se trouvent sur Internet. Certains sont d'ailleurs rattachés à un
moteur de calcul. Les ristournes n'existent plus. Il s'agit aujourd'hui de
dommages et intérêts lorsqu'il n'y a pas d'autorisation préalable. Les
tarifs sont en outre déposés au ministère."
N ous avons donc consulté son site internet (
http://www.sabam.be/ ). On y
trouve des tarifs (et non tous) sous la rubrique "Utiliser notre
répertoire", divisée en :
Production.
Occasionnels.
Professionnels.
Médias.
Médias en ligne.
S euls les tarifs pour les organisateurs occasionnels et les
médias en ligne y sont détaillés. Pour les autres rubriques la SABAM
renvoie à ses centresde perception où, en ce qui concerne les médias, Ã
des liens avec des personnes-ressources. Deux tarifs s'appliquent aux
organisateurs occasionnels de concert :
Le tarif 105 : Fêtes-boums (musique vivante - musique
mécanique)
Le tarif 201 : concerts et festivals (musique vivante).
L a tarification a pour base 10% des recettes brutes. Le
minimum à percevoir ne peut, en aucun cas, être inférieur à 10% du coût du
plateau, étant entendu que celui-ci est constitué de toutes les sommes
qu'on est tenu de payer pour l'exécution ou la représentation du
programme. Chacun des deux tarifs présente une grille des minima à payer,
en fonction du prix d'entrée et de la superficie sonorisée ou du nombre de
places assises disponibles. Si la consommation la plus demandée excède
1,25 €, la différence est ajoutée au prix d'entrée. Ces tarifs sont
majorés de 30%, si vous n'avez pas introduit une demande d'autorisation au
moins 10 jours avant la manifestation.
Q uant au simulateur de tarifs, vous le trouverez sur
leur site en cliquant sur
"Utiliser notre répertoire" puis "Occasionnels".
N ous l'avons testé pour vous.
N ous avons pris pour base :
Le tarif 201 (concerts & festivals)
Le prix d'entrée moyen chez nous : 5,00 €
Prix de la consommation la plus demandée : 1,20 €
La superficie : 150 m2
le prix du plateau : 350,00 €
Résultat : 104,6 &euro TVAC, ou 135,28 € TVAC si vous
n'avez pas déclaré la manifestation au préalable
D ur dur de devoir consacrer les sous de vos 21 premiers
spectateurs à la SABAM ... Et dire que des tonnes de petits organisateurs
naviguent le plus souvent entre 50 et 100 entrées payantes !
• Les forfaits de la SABAM
Q uoi qu'il en soit, que l'on danse ou pas, c'est toujours la
facturation forfaitaire qui vous est proposée grâce à une grille évoluant
selon deux paramètres : la participation aux frais que vous réclamez (la
moyenne entre les deux prix si vous faites des préventes moins chères avec
tickets numérotés) et la superficie des lieux accessibles au public et aux
participants. Il faut donc entendre la salle, la scène, le bar, les WC, le
backstage, le dortoir...
L a SABAM ne demande qu'à se simplifier la tâche en proposant
aux salles et aux organisateurs réguliers un autre forfait, négociable Ã
l'année suivant le nombre de concerts, comme c'est le cas dans de nombreux
endroits.
É videmment, la formule est attrayante car elle évite des
ennuis, des tracasseries administratives et surtout est peu onéreuse (de
l'ordre de 10.000F/an pour des salles comme The Pits à Kortijk ou le
Vort'n Vis à Ieper).
À nouveau, il faut constater que l'esprit de la loi est
totalement détourné au profit de la SABAM qui, si vous acceptez cette
proposition, ne vous demandera même pas quels groupes vous aurez fait
jouer et encaissera purement et simplement les soi-disant salaires de ces
artistes!
• Facturation au détail
P our embêter la SABAM, on peut donc choisir le mode de
facturation qui consiste à prélever 10% des recettes brutes, en installant
un système de billetterie. Difficile.
I l faudra bien entendu avoir tenu une comptabilité
rigoureuse et transparente qui sera remise à la SABAM pour examen et
calcul du montant à payer. Et puis, le percepteur en profitera peut-être
pour se déplacer et enregistrer le concert, toujours en quête de reprises
si chères. La formule pourrait paraître tentante à plus d'un petit
organisateur pour qui moins d'une cinquantaine d'entrées payantes est
chose courante, ou au cafetier qui organise des concerts gratuits dans son
établissement.
B ande de Naïfs! La SABAM a bien entendu paré à ces
éventualités en précisant bien que les tarifs forfaitaires en grille sont
de toute façon des minima. Raté!
N' essayez pas non plus de déguiser votre concert en
souper-concert sans entrée payante, car alors ce sera le prix du menu qui
sera pris en compte, qu'on y mange des huîtres ou des saucisses au
barbecue. Encore raté!
M ettre les boissons bien chères et une p.a.f. dérisoire?
Nenni, si le prix de la consommation la plus demandée dépasse 1,25 €, la
différence sera considérée comme prix d'entrée. Rien à faire, quoi!
• Tu cherches l'ambiance ?
P ayement forfaitaire ou pas, nous n'avons évoqué jusqu'Ã
présent que le prix relatif à la prestation du groupe; reste encore Ã
ajouter la perception sur la musique d'ambiance que vous passez avant ou
après les groupes, régi elle aussi par un tarif forfaitaire.
V ous pouvez évidemment ne pas diffuser de musique d'ambiance
du tout ou alors rien que des morceaux non inscrits, donc gratuits, sauf
si la SABAM peut faire la preuve du contraire après de longues
vérifications de la play-list de la soirée. Yerk ! Yerk !
• Je vous l'jure, M'sieur le Juge!
L a SABAM, de même que les autres sociétés de gestion de
droits, dispose de plusieurs moyens d'apporter "la preuve d'une
représentation, d'une exécution, d'une reproduction ou d'une exploitation
quelconque, ainsi que celle de toute déclaration inexacte concernant les
oeuvres représentées, exécutées ou reproduites ou concernant les
recettes."
I ls consistent en :
Les procès verbaux des officiers ou agents de police
judiciaire.
Les constatations d'un huissier de justice ou "jusqu'Ã
preuve du contraire", les constatations d'un agent de la SABAM,
assermenté.
L a quasi-totalité (dixit la SABAM) de ces derniers le sont,
en vertu de l'arrêté ministériel du 9 septembre 2002. Vous pouvez le
consulter en utilisant le lien disponible sous notre rubrique "Pour en
savoir plus..."; cela vous permettra éventuellement de contester les
constats qui auraient été établis par des personnes ne figurant pas sur la
liste nominative comprise dans cet arreté.
I l s'agit avant tout de représentants de commerce à qui le
Ministre de la Justice a accordé certaines prérogatives certes, mais dont
la parole, ou plutôt les compétences peuvent être mises en doute comme ce
fut récemment le cas dans un procès en justice de paix : la SABAM dont les
"inspecteurs" prétendaient avoir reconnu des "reprises" lors d'un concert
auquel ils avaient assisté, réclamait des dommages à un organisateur qui
eut l'idée lumineuse de faire citer devant le juge un critique rock
reconnu qui était également présent au concert; celui-ci assura que les
morceaux incriminés n'avaient pas été joués.
L e bon juge estima alors que les compétences du journaliste
en la matière étaient supérieures à celles des employés de la SABAM qui
fut dès lors déboutée. Il semble exister une série de jugements
similaires, défavorables à la SABAM, pouvant servir de jurisprudence, mais
ils sont malheureusement difficiles à connaître car le Ministère de la
Justice n'archive pas les procès en fonction des matières qu'ils abordent.
N' hésitez donc pas à nous communiquer ceux dont vous avez
connaissance.
• Et le rôle socio-culturel de la
SABAM alors ?
I l est intéressant de signaler que le Ministère de la
Justice vient enfin de désigner un délégué auprès des sociétés de gestion
dont la SABAM en application de la loi de 1994. Peut-être se révélera-t-il
à l'avenir un interlocuteur valable à l'écoute du secteur non marchand ...
.
L a SABAM n'a-t-elle donc pas aussi un rôle à jouer au niveau
socio-culturel ? On peut en effet s'interroger en constatant la triste
réalité d'où tout dialogue est absent et dans laquelle aucune différence
n'est faite entre les domaines socio-culturel et marchand. Au contraire,
le système de tarification toujours marchandable à l'année et/ ou au
nombre de concerts fait la part belle aux commerçants professionnels plus
habitués aux tractations financières que les animateurs des maisons des
jeunes ou que les collectifs d'amoureux de la musique oeuvrant, souvent
bénévolement, pour le plaisir...
• La répartition
des redevances payées par les organisateurs
N e croyez pas que le groupe va retoucher de la SABAM la
somme payée par l'organisateur du concert. Ici aussi, il y a une grille Ã
l'aide de laquelle un nombre de points va être calculé et attribué au
groupe.
P our calculer la "valeur" de ces points, il y a un autre
calcul à effectuer pour partager les montants disponibles suivant le
nombre de points attribués. Et, bien sûr, n'oubliez pas le pourcentage de
la SABAM !! Ne vous étonnez pas de ne recevoir que des clopinettes. Le
mieux est encore de tenir votre propre comptabilité des concerts (et des
sommes payées) pour pourvoir réclamer votre dû.
7.
Le passage sur les ondes • La
perception
E n Belgique, 237 radios se partagent les ondes. Les bases de
perception diffèrent selon leur taille et statuts. Pour les radios qui
bénéficient d'une dotation publique (subsides) et de rentrées
publicitaires, la perception tient compte de ces deux ressources. Pour les
autres dont les revenus proviennent principalement des rentrées
publicitaires, c'est sur cette base que s'effectue la perception. Les
grandes radios (publiques ou privées) doivent envoyer une play-list
quotidienne de leurs émissions, tandis que les plus petites radios
enverront la play-list d'un seul jour choisi dans le mois.
• La répartition
P our établir la clé de répartition entre les groupes,
différents facteurs sont pris en considération :
La durée de l'oeuvre
I l s'agit de celle qui figure sur le programme remis à la
SABAM par l'organisme de diffusion.
Le genre de l'oeuvre
U n nombre de points lui est attribuée en fonction de son
genre : de 40 pour la musique sérieuse pour orchestre symphonique (sic!)
à 10 pour la musique folklorique. La musique légère (rock, variété, ...)
vaut 15 points.
Son utilisation
O n attribue à l'oeuvre un coefficient selon son
utilisation:
0,25 pour la musique de fond accessoire (tapis
musicaux lors de mire, jeux télévisés, ...).
1 pour la musique de fond nécessaire (jingles,
habillage de chaîne, musique de spots publicitaires, de reportages ou
de documentaires).
3 pour la musique d'avant-plan qui fait objet de toute
ou partie, de l'émission.
L e nombre de points attribués à une oeuvre est obtenu en
multipliant le produit de la durée de l'émission et du nombre de points
correspondant au genre de l'oeuvre par le coefficient du genre
d'utilisation. 8. La musique d'ambiance
des lieux publics
U ne autre source importante de perception du droit d'auteur
est la musique d'ambiance diffusée dans les lieux publics : les bistrots,
magasins, restaurants, braderies, maisons de jeunes, etc. sont tenus de
payer chaque année un montant forfaitaire pour la musique d'ambiance
diffusée.
C es montants sont négociables, bien entendu. Et leur
répartition ? Comment va- t-elle se faire sans play-list, ni
différenciation quelconque entre les lieux? voyez l'
annexe
3a et les suivantes.
9. Quelques
réflexions • Sur la relation de la
SABAM avec ses affiliés.
P our que chaque artiste puisse recevoir la rémunération
promise par la SABAM quand une de ses oeuvres est exécutée en public, il
faudrait dépouiller la totalité des informations fournies par tous les
utilisateurs du répertoire de la SABAM et mettre fin à la redevance
forfaitaire.
C eci est totalement illusoire.
L a SABAM ne pourra donc jamais jouer le rôle d'intermédiaire
pourtous ses membres comme elle l'affirme dans sa promotion.
S on fonctionnement interne est par ailleurs le reflet de
cette réalité. Quel est le niveau de démocratie interne de cette société
coopérative "d'intérêt public" quand on sait que, pour pouvoir poser une
simple question lors d'une assemblée générale, il faut réunir le soutien
de 199 autres personnes lorsque l'on est associé titulaire (et que 75 %
d'entre elles devrait être présent).
L orsque l'on est associé titulaire, il ne faut réunir le
soutien que de 50 personnes !?
D' autres pratiques démontrent également que le
fonctionnement de la SABAM est au moins à deux vitesses :
Q ue justifie les avantages offerts aux gros éditeurs par
rapport aux "artisans" ou "amateurs" au niveau des droits de reproduction
mécanique ?
P ourquoi répartir le montant perçu dans certaines rubriques
par sondage ou analogie (?) si ce n'est pour sur représenter certains au
détriment d'autres ?
P ourquoi la SABAM, si soucieuse de fournir des contrats
phonographiques adaptés aux enjeux de la grande industrie du disque, ne se
montre-t-elle pas aussi soucieuse de rencontrer les intérêts de ses
affiliés auteurs-compositeurs-interprètes, qui doivent payer
anticipativement une redevance sur les droits de reproduction mécanique
dont ils seront les seuls bénéficiaires (excepté les frais de
fonctionnement de la SABAM ) ?
• Sur la relation
de la SABAM avec les autres.
L a SABAM jouit d'un quasi monopole dans le domaine de la
gestion du droit d'auteur d'oeuvres musicales. C'est un fait
incontournable. Mais est-ce parce que la plupart des auteurs-compositeurs
et éditeurs lui ont confié l'exploitation de leurs oeuvres (dixit la
SABAM) que cette société peut se permettre : de fournir les "autorisations
légales" pour la reproduction d'oeuvres non inclues dans son répertoire;
d'exiger de la part des organisateurs de concerts l'introduction d'une
demande d'autorisation pour tout concert, même si les groupes à l'affiche
ne sont pas affiliés à cette société et qu'ils n'interprètent que du
matériel original. Sur quelle interprétation de la loi la SABAM se
base-t-elle pour étendre son rôle en dehors de son répertoire et de ses
affilié s !?
S i la déclaration de " non-intervention " est un acte
dépourvu de véritable base légale, ne peut-on pas considérer cette
pratique comme un moyen mis en place pour devenir un interlocuteur
incontournable et abuser de cette situation pour diffuser une information
tronquée, partiale en vue de faire de nouveaux affiliés ?
• Sur le voeu du législateur.
A voir fait une loi sur le droit d'auteur est peut-être une
bonne chose si son application est à la fois réalisable et si chacun est
égal devant la loi.
L e fonctionnement d'une société de gestion de droits
d'auteur, aussi coopérative et d'intérêt public soit-elle, ne rencontre
pas réellement ce voeu. Si l'on s'en tient à ce qu'affiche la SABAM dans
ses intentions peut-être, mais, certaines pratiques générées par la
situation de monopole sont inquiétantes. Le forfait pratiqué par la SABAM
pour la perception de certaines redevances n'est possible qu'Ã cause de
cette situation sans concurrence. Imaginez deux sociétés de gestion de
droits d'auteurs qui vont démarcher les magasins, bistrots, ... pour
percevoir les redevances ! A qui payer ? Combien ? Et si ces percepteurs
travaillent à la commission ? Pourtant la loi prévoit la possibilité de
reconnaître plusieurs sociétés ! Mais dans la pratique, où en est-on?
• Sur le salaire de l'artiste.
N' y a-t-il pas d'autres pistes à explorer pour offrir, Ã
ceux qui ont choisi d'être actifs dans le milieu culturel, un minimum leur
permettant de vivre décemment sans dépendre du marché ?! Et si l'on
considère que le salaire de l'artiste pourraît être indépendant de sa
"production", ne pourrait-t-on aussi imaginer que le seul droit sur ses
oeuvres se limiterait à un droit de regard sur leur l'utilisation ?
mesure d'audience